Historique

Le fond du gouffre

Au début de cet été 1955, la plupart des spéléos anciens et nouveaux sont absents. Persuadés qu’il n’y a plus rien à découvrir ou, parce que le gouffre est chargé pour eux de trop de souvenirs douloureux. Seuls restent quelques fidèles dont Queffelec et sa maigre équipe et les espagnols de l’autre côté de la frontière. Chacun travaille de son côté mais tous poursuivent un même but: la Pierre. Ils éviteront que le mot FIN soit écrit même de façon provisoire.

1955 : Les espagnols d’IPV réalisent leur deuxième campagne sur le massif et explorent d’immenses zones vierges (Contienda d’Arlas, Zampory, Ukerdi…)Ils découvrent de grands gouffres glacés dont la Sima Echalecu (-200) qui manque de l’amont de la Pierre.

tunnel

Creusement du tunnel EDF

1956 : L’EDF qui projette de capter la rivière souterraine de la Pierre St Martin commence le creusement d’un tunnel au-dessus de Ste-Engrâce. L’équipe de Queffelec prospecte Ligolette et découvre le gouffre Sauveur Bouchet avec sa verticale unique de 196m. Le puits sera exploré à l’aide d’un auto élévateur industriel.

1957 : Le tunnel de l’EDF débouche dans une petite caverne où coule une minuscule rivière: la grotte d’Arphidia. Casteret, Bidegain et Lépineux l’explorent sur 1 km. L’équipe Queffelec entreprend la prospection des arres d’Anie et explore le trou des Gugusses près du sommet du Soum Couy.

1958-1959 : Queffelec, le GPTS et quelques membres du SC Rouen dont Luquet et Sautereau continuent l’exploration de la grotte d’Arphidia. Un siphon est atteint à -149m. Certaines galeries de l’amont s’approchent à 30m de la salle de la Verna.

1960 : Financée par l’EDF et les autorités espagnoles, une expédition Franc-espagnole redescend dans le gouffre de la Pierre St Martin pour y réaliser une topographie de précision (Travail exécuté au théodolite par de géomètres professionnels non-spéléos). Vers l’amont, les espagnols en profitent pour continuer l’explo et dépassent le tunnel du Vent. A l’aide de la topographie, le percement du tunnel de l’EDF est achevé. Il débouche dans la salle de la Verna.

1960 : Parallèlement à l’expédition précédente, les espagnols poursuivent leurs prospections sur la Contienda d’Arlas et Ukerdi.

1960-1964 : Cosyns et le GSHP de Tarbes reprennent l’exploration du système de Kakouetta (Trou Perdu, souffleur de Larrandaburu, trou Martin). Dans la grotte de la cascade, les plongeurs de Namurs s’arrêtent dans un cinquième siphon.

1961-1965 : Michel Cabidoche étudie les coléoptères troglobies du massif et en particulier ceux de la Verna. Tout au long de ces quatre années, il passe plus de 600 heures dans la Verna pour observer leur comportement. La thèse qu’il soutient en 1966 est consacrée au biotope de la Verna.

1961 : Partant d’une hypothése géologique, les spéléos espagnols Juan San Martin, Félix Ruiz de Arcaute et Antonio Aratibel escaladent la paroi de la salle de la Verna et découvrent la galerie Aranzandi. Avec Queffelec et quelques membres du SC Rouen, ils découvrent un peu plus tard les méandres Maria-Dolores et Martine.

1962 : Prenant le relais, une équipe française amenée par G. Lépineux atteint la côte -845 dans le Maria Dolores. Queffelec, les espagnols et les rouennais continuent leur progression dans le Martine.

1963-1965 : Après plusieurs expéditions, les équipes de Queffelec ( Rouennais, espagnols, pyrénéens, montpelliérains et parisiens) atteignent la côte -1006m au delà du méandre Martine, au fond du puits Parmant qui reste encore le point bas du gouffre.

1964-1965 : Le SC Paris et IPV entreprennent de remonter la rivière souterraine au delà du terminus aperçu par les espagnols en 1960. La rivière file loin vers les arres d’Anie… Accompagnés de jeunes Tarbais du GSHP, les parisiens prospectent Analarra sans rien découvrir de remarquable!… Mais sur les arres d’Anie, tarbais, montpelliérains et quelques autres pyrénéens regroupés par Cosyns, arpentent les plateaux et découvrent cette fois de grand gouffres insoupçonnés (Ours:-220, Monique:-320, Tête Sauvage:-115).

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